Foire aux Questions

De nombreuses « idées reçues » existent vis-à-vis des infections HPV, nous répondons ici aux principales questions que vous pourriez vous poser, toutefois ces renseignements sont des informations qui ne remplacent pas la consultation auprès de votre médecin.
Qu'est-ce qu'un frottis ?
Le frottis est un prélèvement réalisé au niveau du col de l’utérus dans le but de recueillir des cellules et de vérifier leur aspect. La présence de cellules cervicales anormales sur le frottis nécessite des explorations complémentaires, en particulier une colposcopie pour diagnostiquer une éventuelle lésion précancéreuse du col. Le frottis doit être réalisé tous les 3 ans chez toutes les femmes de 25 à 65 ans.
Qu'est-ce qu'un test HPV ?
Le test HPV correspond à la recherche d’HPV à haut risque, c’est à dire les virus exposant au risque de lésion précancéreuse ou de cancer du col utérin. Il se réalise sur un simple prélèvement réalisé au niveau du col de l’utérus.
Je dois avoir une colposcopie. En quoi consiste cet examen ?
La colposcopie est l’examen du col utérin à l’aide d’une loupe binoculaire (colposcope) après l’application de deux colorants : l’acide acétique et le lugol. Elle permet de diagnostiquer des lésions précancéreuses du col utérin. Leur traitement permet d’éviter la survenue d’un cancer du col utérin.
Le médecin pratique-t-il toujours une biopsie lors d'un examen colposcopique ?
Non. Une biopsie ne sera réalisée que si le médecin visualise une zone anormale sur le col utérin. Dans le cas d’un col strictement normal, aucune biopsie ne sera réalisée.
La colposcopie est-elle douloureuse ?
Non. La colposcopie n’est pas un examen douloureux. Elle consiste simplement à regarder le col utérin à l’aide d’une loupe binoculaire (colposcope) après l’application de deux colorants : l’acide acétique et le lugol. Elle n’est pas plus douloureuse qu’un examen gynécologique normal.
La biopsie du col utérin est-elle douloureuse ?
Non. Le col de l’utérus n’est pas très sensible et la réalisation d’une biopsie du col utérin n’est pas douloureuse et ne nécessite pas la réalisation d’une anesthésie, en revanche elle provoque de petits saignements qui imposent le port d’une protection pendant quelques jours.
J'ai un test HPV positif. Est-ce que cela veut dire que mon compagnon me trompe ?
Non. L’infection à HPV est une infection extrêmement banale et quasiment inévitable au cours de la vie d’une femme et survient généralement dans les premières années suivant les premiers rapports sexuels. Mais si cette infection est le plus souvent transitoire et sans conséquence, il arrive parfois que le système immunitaire ne parvienne pas à « éliminer » le virus et que cette infection persiste pendant de nombreuses années. Aussi, un test HPV positif ne permet pas de dater l’infection ; il est possible qu’il s’agisse d’une infection récente mais il est également possible que cette infection soit beaucoup plus ancienne et remonte à de nombreuses années. Ainsi, un test HPV positif veut juste dire qu’on a retrouvé ce virus mais ne permet pas de savoir avec qui et quand vous l’avez « attrapé ». Un test HPV n’est donc pas synonyme d’infidélité dans votre couple.
J'ai un test HPV positif. Comment ai-je pu attraper cette infection ?
L’infection à HPV s’attrape principalement par les rapports sexuels, le plus souvent dans les premières années suivant le début de la sexualité. Mais cette infection est extrêmement banale et quasiment inévitable à partir du moment que l’on démarre sa sexualité. On sait ainsi que près de 80 % des femmes de moins de 25 ans ont déjà eu une infection à HPV. On peut ainsi estimer que toutes les femmes seront un jour ou l’autre exposées à ce virus. La bonne nouvelle est que, même s’il peut parfois entrainer des lésions précancéreuses et cancéreuses, la plupart du temps ce virus sera éliminé par le système immunitaire et n’aura pas de conséquence.
J'ai un test HPV positif. Cela veut dire que j'ai une lésion du col de l'utérus ?
Non. L’infection à HPV est le plus souvent transitoire et sans conséquence. Ainsi, un test HPV positif signifie juste qu’on a mis en évidence la présence d’une infection à HPV à haut risque sans savoir s’il s’agit d’une infection récente, qui va guérir naturellement ou s’il s’agit d’une infection persistante, éventuellement associée à une lésion du col utérin, voire à un cancer. En pratique, la probabilité d’avoir une lésion précancéreuse du col utérin en cas de test HPV positif est faible, et la probabilité d’avoir un cancer est encore plus faible.
J'ai un test HPV positif. Comment puis-je me débarrasser de cette infection ?
Il n’existe malheureusement aucun traitement permettant d’éliminer une infection à HPV. La guérison est le plus souvent spontanée, le virus étant éliminé par le système immunitaire en moins d’un an. Mais dans quelques cas, l’infection peut persister au fil des années et exposer au risque de développer une lésion précancéreuse voire un cancer du col de l’utérus.
J’ai un test HPV positif. Dois-je obligatoirement faire tout un bilan à la recherche d’une infection sexuellement transmissible (IST) : HIV, syphilis, hépatites, Chlamydia etc… ?
Non. Même si l’infection à HPV se fait essentiellement par contact sexuel, cela ne signifie pas nécessairement qu’un bilan IST soit indiqué. Cette infection est extrêmement banale et quasiment inévitable à partir du moment que l’on démarre sa sexualité. Un bilan IST pourra par contre être indiqué si le contexte le justifie (partenaires multiples, nouveau partenaire, viol etc…).
J’ai un test HPV positif. Cela signifie que je vais développer un cancer du col ?
Non. Cette idée est un « raccourci » qu’il ne faut pas faire. Il existe plus de 100 types de virus HPV. Tous ne sont pas à haut risque c’est-à-dire que tous ne sont pas capables d’entrainer l’apparition d’un cancer. Les HPV à haut risque sont principalement les HPV 16 et 18, mais aussi les HPV31, 33, 35, 52, 58, 18, 39, 45, 59, 51, 56, 66, 68 et 73. Il faut savoir que dans la grande majorité des cas, cette infection va être éliminée par le système immunitaire en moins d’un an et n’aura donc pas de conséquence. Mais lorsque l’organisme ne parvient pas à éliminer ce virus, la persistance de cette infection peut, au fil des années, entraîner l’apparition d’une lésion précancéreuse, voire d’un cancer du col de l’utérus.
Je suis homosexuelle. Dois-je quand même faire des frottis ?
Oui. L’infection à HPV est également possible lors des rapports homosexuels entre deux femmes. Le risque de lésion précancéreuse et cancéreuse du col utérin est donc le même que pour une femme hétérosexuelle.
Je n’ai plus de rapports sexuels depuis plusieurs années. Dois-je quand même faire des frottis ?
Oui. L’infection à HPV « s’attrape » essentiellement dans les premières années suivant le début de la sexualité. Cette infection est extrêmement banale et quasiment inévitable. Si elle va être le plus souvent éliminée par le système immunitaire, il arrive que cette infection persiste, exposant alors au risque de lésion précancéreuse, voir de cancer du col de l’utérus. L’arrêt de toute sexualité, si elle supprime le risque d’une nouvelle infection à HPV, ne permet pas de garantir l’absence de développement d’une infection ancienne et persistante. La réalisation d’un frottis reste donc absolument recommandée dans votre cas.
Mon frottis est anormal, cela veut dire que j’ai obligatoirement une lésion précancéreuse du col de l’utérus ?
Non. Le frottis est la première étape pour sélectionner les femmes nécessitant des examens complémentaires. Ce n’est pas un examen très précis. Il ne permet pas de faire un diagnostic. Le fait d’avoir un frottis anormal ne veut pas nécessairement dire que vous avez une lésion du col. Il existe de nombreuses « fausses alertes ». Par contre, le fait d’avoir un frottis anormal conduit souvent à la réalisation d’une colposcopie afin de savoir si oui ou non il existe une lésion du col utérin et une éventuelle indication à réaliser un traitement dans le but d’éviter l’apparition secondaire d’un cancer.
Mon frottis est anormal, cela veut dire que j’ai un cancer du col de l’utérus ?
Non. Cela signifie simplement qu’il faut vérifier votre col en réalisant une colposcopie. La probabilité d’avoir un cancer après un frottis anormal existe mais elle est très faible (moins de 1 %). Le plus souvent, le frottis permet de faire le diagnostic d’une lésion faisant indiquer une simple surveillance ou un traitement selon la sévérité de celle-ci.
Mon frottis est anormal, cela signifie que j’ai une infection à HPV ?
Non. Le frottis permet l’examen au microscope des cellules cervicales ayant été prélevées lors de sa réalisation. Ce n’est pas la même chose qu’un test HPV qui consiste à rechercher la présence du virus sur un prélèvement cervical. Ces deux examens sont donc différents. Par contre, dans certains cas, on peut faire un test HPV sur le même prélèvement que celui ayant servi à l’examen des cellules (frottis en phase liquide).
Mon frottis est anormal. Dois-je être traitée ?
Non. Avoir un frottis anormal signifie juste qu’il faut d’abord vérifier le col en réalisant une colposcopie pour savoir s’il existe ou non une lésion cervicale. Si c’est le cas un traitement peut être indiqué selon les caractéristiques de la lésion ayant été diagnostiquée.
Doit-on faire des frottis tout de suite après les premiers rapports sexuels ?
Non. L’âge à partir duquel une femme doit faire des frottis ne tient pas compte de l’âge des premiers rapports sexuels. Les frottis doivent être réalisés à partir de l’âge de 25 ans, tous les 3 ans (après 2 frottis normaux réalisés à 1 an d'intervalle) jusqu’à l’âge de 65 ans quel que soit l’âge auquel une femme a eu ses premiers rapports sexuels.
Doit-on faire un frottis tous les ans ?
Non. Le premier frottis doit être réalisé tous les 3 ans de 25 à 65 ans. On recommande simplement la réalisation de deux frottis normaux à un an d’intervalle entre 25 et 26 ans avant de passer à un rythme d'un frottis tous les 3 ans.
Est ce que je dois avoir un frottis à chaque consultation gynécologique ?
Non. Le frottis doit être réalisé tous les 3 ans. Il n’est pas justifié de faire des frottis plus souvent si tous vos frottis ont toujours été normaux. Par contre, ne pas faire un frottis annuel n’exclut pas une visite gynécologique tous les ans.
Est ce que je serais mieux dépistée si je faisais un frottis tous les ans ?
Non. Le fait de faire un frottis tous les ans ne permet pas de mieux prévenir le cancer du col de l’utérus qu’en respectant le délai de 3 ans actuellement recommandé. A l’inverse, en faisant des frottis plus souvent, on augmente le risque de fausses alertes (frottis anormal alors qu’il n’existe pas de lésion du col de l’utérus).
Quelle est la différence entre un frottis conventionnel et un frottis en phase liquide ?
La différence repose sur la façon dont les cellules cervicales sont prélevées. Dans les deux cas le médecin prélève des cellules cervicales en « frottant » le col de la patiente. Mais lors d’un frottis « conventionnel », c’est le médecin lui même qui étale les cellules prélevées sur une lame de verre qui sera ensuite examinée au microscope après coloration. Lors du frottis « en phase liquide » le prélèvement cervical est placé dans un flacon de liquide permettant la mise en suspension et la fixation des cellules qui seront ensuite étalées sur une lame de verre à l’aide d’une machine spéciale. Le débat concernant l’avantage de l’une ou l’autre est un peu compliqué, mais il faut juste savoir que les performances pour le dépistage des lésions précancéreuses et du cancer du col de l’utérus sont équivalentes. Dans tous les cas, ce n’est pas la patiente qui choisit la technique. Tout dépend du laboratoire avec lequel votre médecin travaille. Il faut savoir que quelle que soit la technique utilisée, il n’y a pas de « perte de chance » pour les patients.
On m’a dit qu’à la place du frottis on pouvait un test HPV. Est-ce vrai ?
Oui. Mais l’utilisation du test HPV en dépistage primaire à la place du frottis n’est pas encore validée en France. A ce jour, le dépistage repose toujours sur le frottis et non sur le test HPV.
Mon médecin a diagnostiqué une lésion de bas grade (CIN1). Qu’est ce que cela signifie ?
Cela signifie que vous avez une lésion du col utérin dont la sévérité et le risque sont faibles. En pratique, les lésions de bas grade ont une probabilité de guérir spontanément en 2 ans de 70 à 80 %. Le risque de progression ou d’association avec une lésion de haut grade dans ce délai est faible, inférieur à 15 %, et le risque de progression vers un cancer est quasiment nul.
Je suis porteuse d’une lésion de bas grade (CIN1). Doit-on traiter cette lésion ?
Non. Ce type de lésion a une probabilité de guérir spontanément en 2 ans de 70 à 80 %. Le risque de progression vers une lésion de haut grade dans ce délai est faible, inférieur à 15 %, et le risque de progression vers un cancer est quasiment nul. Pour cette raison, il est recommandé de ne pas traiter immédiatement ces lésions qui devront simplement être surveillées.
Mon médecin a diagnostiqué une lésion de haut grade (CIN2-3). Qu’est ce que cela signifie ?
Il s’agit d’une lésion précancéreuse. Cela signifie qu’en l’absence de traitement, il existe un risque que vous développiez un cancer du col de l’utérus dans les mois ou années à venir.
Je suis porteuse d’une lésion de haut grade (CIN2-3). Doit-on traiter cette lésion ?
Oui. Les lésions de haut grade du col utérin sont d’authentiques lésions précancéreuses pour lesquelles un traitement est habituellement indiqué. Celui–ci repose sur la réalisation d’une conisation. Ce traitement est très efficace et consiste en l’ablation de cette lésion, ce qui permettra d’éviter l’apparition ultérieure d’un cancer du col de l’utérus.
Je dois avoir une conisation. En quoi consiste cette intervention ?
Cette intervention consiste en l’exérèse chirurgicale d’une portion du col permettant l’ablation de la lésion du col utérin. C’est un geste chirurgical simple et très efficace conduit sous contrôle du colposcope qui permet d’éviter que n’apparaisse secondairement un cancer du col utérin.
J’ai eu une conisation. Est ce qu’il y a un risque que la lésion qui a été traitée revienne ?
Oui. Mais ce risque est faible, de l’ordre de 5 %. De ce fait, après une conisation, une surveillance est indispensable. Il est pour cela indispensable que vous retourniez voir votre médecin quelques mois après cette intervention.
J’ai eu une conisation. Est ce que je dois continuer à faire des frottis ?
Oui car le risque que la lésion revienne, même s’il est faible, est réel (de l’ordre de 5 %). Mais après une conisation, le frottis doit être réalisé plus fréquemment et il est recommandé que celui-ci soit fait tous les ans et tout au long de la vie, la surveillance doit être prolongée.
J’ai une lésion intra épithéliale du col utérin. J’ai peur de contaminer mon partenaire. Que dois-je faire ?
Il faut comprendre que la lésion que vous avez développée est effectivement due à une infection à HPV persistante et probablement ancienne. Cela sous-entend que votre partenaire a sans doute déjà été exposé à ce virus et qu’il est trop tard pour y remédier. En pratique, il n’est donc pas nécessaire de faire quoi que ce soit et vous ne devez pas changer votre sexualité pour cela. En particulier, le port de préservatifs n’est pas indiqué. Il faut comprendre que votre partenaire a de grandes chances d’avoir été infecté et d’avoir déjà éliminé ce virus depuis longtemps et que cela n’aura aucune conséquence pour lui.
À quel âge ma fille doit-elle se faire vacciner contre l'HPV ?
Il est actuellement recommandé de vacciner les jeunes filles de 11 à 14 ans.
Je dois avoir une conisation. Est ce que je pourrai encore avoir des enfants après cette intervention ?
Oui. La conisation n’expose pas à un risque d’infertilité. Par contre, la conisation est un facteur de risque d’accouchement prématuré qui devient un peu plus important après cette intervention. Dans la population générale, le risque d’accouchement prématuré est de l’ordre de 7 %. Après une conisation, ce risque est un peu plus important, de l’ordre de 14 à 20 %.

Important : Les renseignements que vous trouverez sur ces pages sont des informations médicales et scientifiques qui ne remplacent pas la consultation auprès de votre médecin ou de votre spécialiste.